L’intégration des enfants dans le système scolaire québécois constitue l’une des préoccupations majeures pour les parents immigrants, à qui il incombe, en plus de trouver un emploi, de participer à l’adoption de la société. Permettre à leur progéniture d’intégrer les bancs d’école représente l’un des premiers pas. 

Les classes d’accueil marquent le début de la scolarité des enfants après leur arrivée au Québec. C’est là qu’ils se familiarisent avec le système québécois, perfectionnent leur français et apprennent à vivre en harmonie avec les valeurs de la société.

Respecter le rythme d’apprentissage des enfants et rassurer les familles

Tout commence au niveau de la commission scolaire où les enfants en âge d’aller à l’école sont évalués avant d’être orientés vers l’établissement qui devra les accueillir. « Les enfants sont sélectionnés selon l’âge et sont classés par niveau de compétences », explique Adinet Velandia, une agente École, famille, communauté – Classes d’accueil qui a accompagné plus de 100 familles dans la dernière année.  

Dépendamment des résultats, les élèves qui parlent déjà le français peuvent rejoindre les classes régulières tandis que les autres débutent automatiquement en classe d’accueil. Ces entités sont créées aux niveaux préscolaire, primaire et secondaire et poursuivent plusieurs objectifs.

Le premier objectif est de permettre aux jeunes de développer des compétences en français. Elles visent également à les aider à comprendre les méthodes d’apprentissage qui ont cours dans le système scolaire québécois. Finalement, elles apportent un soutien aux enfants dans la compréhension des valeurs communes de la société. 

« L’adaptation se fait différemment selon le niveau », précise Madame Velandia. Les élèves de la maternelle et du primaire éprouvent moins de difficultés à s’adapter à leur nouvel environnement que ceux du secondaire. Même après leur intégration dans des classes régulières, certains de ces enfants nécessitent parfois un suivi et un accompagnement particulier de la part des parents, des enseignants et autres intervenants du milieu scolaire et communautaire.   

Plusieurs matières sont enseignées aux élèves des classes d’accueil dont le français, la géographie, les mathématiques, l’éducation physique, le théâtre, les arts plastiques et la musique. « Les cours de musique sont des espaces d’expression et d’apprentissage par excellence », témoigne Marie-Elisabeth Gourdeau, enseignante en maternelle d’accueil à l’école Wilfrid-Bastien. « À la fin de l’année, ces élèves apprennent une deuxième langue qui est la langue de la musique », indique-t-elle. 

Des méthodes d’apprentissage développées sur mesure 

L’enseignante qui travaille depuis 19 ans avec de petits enfants en apprentissage reconnaît qu’ils rencontrent parfois des difficultés en début d’année. 

Marie-Elisabeth Gourdeau explique que des moyens pédagogiques adaptés à la réalité des enfants en classes d’accueil sont utilisés pour favoriser l’apprentissage, l’adaptation et l’intégration. L’enseignante utilise, par exemple, des pictogrammes, des images, des gestes, et un « mur de mots » où les savoirs transmis durant la journée sont classés par ordre alphabétique. 

Les efforts des professeurs sont récompensés par l’intégration des jeunes. Madame Gourdeau évoque le cas d’une petite fille originaire du Yémen qui avait d’énormes difficultés à s’intégrer à son arrivée. Un double choc culturel et climatique et même de l’agressivité envers l’enseignante. L’accompagnement des parents et une coordination des efforts du personnel scolaire ont peu à peu éradiqué ces maux.   Au bout de quelques mois, l’enfant s’est calmé et a complètement intégré son groupe, voyant que tous travaillaient en ce sens.  

L’enseignante souligne aussi le rôle bénéfique que joue l’agente école – famille – communauté et classes d’accueil, en début d’année scolaire dans l’orientation des élèves et des parents sur le système scolaire québécois. 

Les classes d’accueil, ces entités peu connues du grand public et dont on ignore souvent le fonctionnement, s’avèrent être une base d’apprentissage indispensable pour l’intégration des familles immigrantes.