L’Institut de la statistique du Québec révélait récemment, dans une étude sur la situation du travail dans la province pour la période 2006-2017, que 480 000 emplois supplémentaires ont été créés. Environ 250 000 de ces emplois concernent les personnes immigrantes, soit un peu plus de la moitié desdits emplois.

C’est sans surprise à Montréal que cette croissance de l’emploi est plus visible (80%), suivie de Québec, Gatineau et Sherbrooke. Pour ce qui est des catégories et secteurs d’emplois les plus prisés par les personnes immigrantes, on constate une forte croissance dans l’industrie des sciences de la santé et de l’assistance sociale.

Selon Statistique Canada, au premier trimestre de 2018, au Québec, la catégorie professionnelle avec le plus grand nombre d’emplois vacants est celui des ventes et services, un secteur parmi les moins bien rémunérés. Les métiers du transport et de la machinerie arrivent en deuxième, avec des salaires plus avantageux, mais qui ne répondent pas nécessairement aux aspirations des travailleurs plus diplômés.

Pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre dans les régions du Québec, plusieurs programmes gouvernementaux sur la régionalisation ont vu le jour dans les dernières années afin de mettre sur pied un argumentaire convaincant.

Plusieurs avantages mis de l’avant

Parmi ces arguments, le fait que le bilinguisme linguistique n’est pas aussi contraignant que dans la grande métropole. Ailleurs au Québec, le fait de s’exprimer en français est suffisant pour briguer un emploi, alors qu’à Montréal cela s’avère souvent insuffisant.

S’installer en région offre aussi plusieurs avantages. Les charges mensuelles, le prix des logements sont nettement plus avantageux qu’à Montréal, en plus de la qualité et du cadre de vie qui, de l’avis de nombreux organismes régionaux, est bien meilleur.

Par ailleurs, et à titre d’exemple, plusieurs régions dont le Saguenay-Lac-Saint-Jean, proposent des bourses d’établissement pour les nouveaux diplômés, des crédits d’impôt liés au déménagement et à l’achat d’une première habitation.

La Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine a mis en place des politiques pour accompagner ceux qui décident de s’y installer en accordant des facilités aux entreprises qui recrutent.

Dans ce territoire, les organismes en charge d’attirer des immigrants préconisent la rencontre avec les agents d’immigration qui sont chargés de leur exposer les programmes d’aide. Parmi les éléments pris en charge, des éléments tels que le transport, l’hébergement et les repas sont en partie remboursés pour une entrevue. Des bourses d’études sont par ailleurs accordées aux étudiants dans le domaine de la santé et des services sociaux où la croissance se fait sentir.

Dans le Bas-Saint-Laurent, la région décide de soutenir l’offre et l’accès à un premier emploi. Des services de coaching et d’accompagnement pour les entrepreneurs sont offerts afin de favoriser le transfert et la reprise d’entreprises.

À Matane, le Service d’accueil des nouveaux arrivants de La Matanie (SANAM) permet aux entreprises de bénéficier d’un soutien personnalisé pour favoriser l’embauche de travailleurs issus de l’immigration. Un soutien au recrutement parmi le bassin de travailleurs spécialisés d’origine immigrante installés dans la métropole montréalaise est aussi offert.

Aujourd’hui, une multitude d’incitatifs sont mis de l’avant pour faciliter l’immigration aux personnes qui souhaitent s’établir en régions. Des points sont même désormais accordés selon la région choisie. Un incitatif de plus pour convaincre les personnes immigrantes à partir à la découverte des régions.