Le Québec est une terre d’accueil où des milliers de personnes de différentes nationalités se côtoient et apprennent à vivre ensemble. Si pour certains l’intégration à la société québécoise paraît « normale et évidente », d’autres préfèrent aller lentement dans ce processus en se donnant le temps de connaître leur nouvel environnement. À l’Accueil aux immigrants de l’est de Montréal (AIEM), des étudiants suivant des classes de francisation ont eu l’amabilité de partager leur parcours dans les pages de Vision croisée et de livrer leur expérience d’intégration dans leur société d’accueil.  

Toan Njuyen et Malek Ikneche livrent leur vision, leurs réalisations, leurs attentes et leurs objectifs suite à leur installation au Québec. 

Toan Njuyen, l’exemple d’une volonté inépuisable 

Toan Njuyen, un sexagénaire d’origine vietnamienne, est arrivé à Montréal en 2016 dans le cadre d’un parrainage familial. Aux côtés de sa femme et ses trois enfants, deux filles et un garçon, Toan mène une vie paisible. Cet immigrant ne ménage aucun effort pour finaliser son processus d’intégration et vivre en harmonie avec les valeurs de la société québécoise.

Pour ce faire, le Vietnamien, toujours sourire au bout des lèvres, suit les cours de francisation à l’AIEM, car pour lui, connaître la langue lui permet de mieux s’adapter à son nouvel environnement socioculturel. À raison de deux fois par semaine, Toan assiste aux cours avec l’objectif de se perfectionner et de s’intégrer.  Sa femme s’est inscrite dans la même classe et suit aussi les cours de niveau 8. 

Une ambition appréciable chez un père de famille qui n’a pourtant jamais songé à quitter son pays d’origine, si ce n’avait été le choix de ses enfants. « Si je suis là, c’est parce que mes enfants ont choisi d’immigrer et d’étudier à Montréal pour se donner plus de chances de réussir », affirme-t-il. 

Après 65 ans de vie au Vietnam, ce retraité de la comptabilité essaie de vivre au mieux le choc culturel de deux sociétés complètement distinctes. « La vie au Vietnam est très différente d’ici. Les relations humaines et sociales sont solides. Chez nous, une famille peut se composer de trois à quatre générations, alors qu’au Québec, les enfants sortent du domicile familial dès l’âge de 18 ans », précise Toan Njuyen. Cet homme, issu d’un pays où les traditions et l’ordre social établi règnent toujours en roi, regrette la fragilité de la cellule familiale au Québec. Des écarts qui rendent complexe son intégration, malgré sa détermination à réussir son projet jusqu’au bout. 

 

L’interculturalité, source d’inspiration pour Malek 

 

Pour d’autres immigrants, le choc culturel n’est pas aussi visible. Malek Iknache, un immigrant d’origine algérienne, préfère parler « d’interculturalité et d’échanges positifs entre les cultures ». Celui-ci n’a éprouvé aucun mal à épouser les valeurs de la société québécoise. Parrainé par sa femme, Malek a posé pour le première fois les pieds à Montréal en 2014. Mené par une grande ambition et une détermination à concrétiser ses rêves, il venait de débuter la vie à laquelle il a toujours aspiré. Les grandes métropoles comme Montréal n’effraient pas Malek. Elles l’inspirent, le poussent de l’avant et le propulsent vers de nouveaux horizons. Cet homme est visiblement bien préparé à rompre avec son passé. 
Rencontré également aux cours de francisation de l’AIEM, l’étudiant a déclaré qu’il ne s’est jamais senti « dépaysé » ni étranger à la nouvelle société qu’il vient d’intégrer. « Ce changement dans ma vie, je l’ai voulu. Donc, je me suis bien préparé psychologiquement. Je me sens comme si j’étais là depuis très longtemps. La seule chose que je regrette c’est de ne pas être venu plus tôt. » 

Malek, qui a beaucoup voyagé avant de concrétiser son projet d’immigration, estime que la société québécoise est ouverte, tolérante et assez adéquate pour faciliter l’intégration des nouveaux arrivants. 

Aux côtés de sa femme, il a entamé sereinement ses démarches d’intégration, puis intégré le marché du travail. Sa prochaine étape sera de s’inscrire à une formation dans le domaine de la logistique et de l’approvisionnement, a-t-il expliqué.  

Pour Malek Iknache, immigrer est synonyme de changements profonds dans la vie d’un individu ou d’une famille. Opter pour un tel projet nécessite de la détermination et de la volonté à faire face aux mutations socioculturelles qui s’annoncent pour mieux vivre son immigration et redémarrer sa vie sur de bonnes bases.