Apprendre une nouvelle langue n’est certes pas facile. D’autant plus lorsqu’il s’agit du français. Encore plus lorsqu’il faut s’occuper de sa famille et travailler en même temps. Les cours offerts aux nouveaux arrivants sont une base. La pratique au quotidien reste fondamentale pour progresser. Cette opportunité, les salariés de Novaide peuvent la saisir dans le cadre de leur travail.

Rencontre avec Louise Giguère, directrice générale de Novaide, ainsi que Juliette et Sophonie, deux employées issues de l’immigration.

Novaide est l’une des 101 entreprises d’économie sociale d’aide à domicile (ESSAD) que compte le Québec. Faire de l’économie sociale, c’est avoir pour objectif de concilier viabilité économique et réponse aux besoins de la collectivité. Les ESSAD ont donc été créées pour « répondre à des demandes grandissantes de besoins d’aide à domicile », explique Louise Giguère.

« Faire une différence, aider les gens »

La coopérative compte « 65 préposés sur la route qui vont à domicile, et chez les personnes faire l’entretien ménager régulier, préparer les repas, faire la lessive etc. » Aussi, un programme de répit a été lancé depuis peu. Il se destine aux proches aidants d’aînés. Ainsi, une dizaine d’employés sont formés pour offrir une présence à ces derniers et les relayer pour qu’ils puissent « souffler un peu », nous explique madame Giguère.

Il existe un autre volet aux finalités sociales de l’entreprise, celui de l’employabilité des habitants des secteurs où elle offre ses services.

Offrir des emplois aux résidents des quartiers desservis

Madame Giguère nous raconte : « Au départ, il y avait deux volets à la mission : offrir des services à domicile et aussi des emplois de qualité, réguliers et stables. Favoriser l’embauche locale, principalement auprès des femmes, un peu plus éloignées du marché du travail, en leur offrant une meilleure protection dans un domaine d’activité où le travail « au noir » est très présent.

Novaide intervient dans des quartiers avec un fort taux d’immigrants, tel que Saint-Léonard. Cela explique que la « très grande majorité » des employés de l’entreprise soient des femmes et que 50% des effectifs de l’entreprise sont des personnes issues de l’immigration. Madame Giguère confirme : « Novaide, au niveau des visages des employés, est à l’image du visage de Montréal et des quartiers où l’on intervient. Aujourd’hui, on a de plus en plus de jeunes femmes issues de l’immigration et nouvellement arrivantes. »

C’est le cas de Sophonie, originaire d’Haïti et arrivée en 2017 après des passages au Brésil et aux États-Unis. De Juliette aussi, Congolaise d’origine arrivée au Québec en 2014. « Le 20 décembre précisément ! », se souvient-elle.

Un niveau minimal de français exigé pour être recruté

Pour être recruté chez Novaide, nous dit Louise Giguère, il faut « être capable de communiquer et de lire un minimum en français car il y a de la facturation et la grande majorité de nos services se donne en français et en anglais. ». Dans le réseau de l’ESSAD, il y a des préposés pour qui le français n’est que la troisième ou la quatrième langue donc « ils ne le maîtrisent pas bien, mais comprennent un minimum ». Elle complète : « Ce n’est pas un frein pour la personne si elle a le savoir-être et les compétences nécessaires à la réalisation des services. » Elle poursuit : « On ne peut prendre quelqu’un qui ne parle pas du tout, ni ne comprend aucunement le français. Ce serait trop difficile pour nous, pour les clients et pour l’employé aussi parce qu’elle n’aurait pas de repères. »

Des difficultés avec la langue, Sophonie nous a confié ne pas vraiment en avoir eu. « Dans mon pays, on parle le créole et le français, c’est pour cette raison que je n’ai pas vraiment de difficultés. » Elle envisage quand même de prendre des cours de français car ce serait mieux pour elle, chose que Juliette a fait. « Avant de commencer avec Novaide, j’ai pris des cours au centre Mainbourg à Pointe-aux-Trembles », raconte-t-elle. La raison ? Elle nous la donne dans un français tout à fait correct : « Oui, je parlais, mais pas comme il faut. Encore aujourd’hui. Mais je parle quand même. Je comprends. Des fois, à la place des « les » je mets des « la » par exemple. »

La francisation par l’immersion

Son français, Juliette l’a amélioré au contact de la clientèle, en parlant tous les jours. « Quand je suis arrivé ici, j’ai vraiment commencé à parler avec les gens. Là, je commence à bien parler, même s’il y a des fautes. » En somme, rien ne vaut l’immersion et la pratique quotidienne.

En effet, ce contexte de pratique quotidienne et de socialisation favorable à la francisation, Novaide cherche à l’entretenir avec les organismes communautaires qui interviennent dans le domaine de la francisation et de l’employabilité. C’est comme cela que Juliette a été recrutée, à la suite de ses cours de français. Louise Giguère explique : « On doit desservir beaucoup de quartiers donc on est toujours en recherche, on a toujours besoin de préposés. Tous nos partenaires qui peuvent nous aider à trouver de bons préposés sont les bienvenus. » L’entreprise s’est aussi montrée intéressée par les cours de francisation en milieu de travail. Nul doute que l’entreprise continuera à offrir des opportunités à d’autres nouveaux arrivants, grâce aux partenariats avec les organismes qui travaillent à leur intégration.

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