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Des nouveaux arrivants peuvent découvrir le Québec, sa culture et son langage à travers la « lentille » d’œuvres cinématographiques québécoises. L’initiative est proposée par Québec Cinéma et Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Depuis 2017, des séries de projections sont organisées pour des groupes de francisation. Le cinéma est utilisé comme outil pédagogique, un moyen d’en apprendre davantage sur le Québec sans livre d’histoire, et de réviser le français hors d’une salle de cours.

C’est au quatrième étage de la Grande Bibliothèque de Montréal qu’un groupe de francisation visionne le film Corbo, du réalisateur Mathieu Denis.

Chinois, Iranien, Coréen, Brésilien, Biélorusse, Colombien : autant de nationalités qui composent la classe de finissants de niveau 4 du programme de francisation et d’intégration à l’UQAM. Ils assistent à l’une des six projections organisées conjointement par Québec Cinéma et BAnQ pour la période 2018-2019. Benoit Migneault, directeur des services jeunesse et de l’expérimentation média à la BAnQ, considère que ce projet « donne l’opportunité aux personnes présentes de comprendre, et de générer une appropriation de la culture québécoise et de la langue française. »

En connaître davantage sur l’histoire du Québec

Les films projetés font partie de la collection de la Grande Bibliothèque. Ils sont sélectionnés en fonction des liens avec l’histoire de la province, et les valeurs de sa société. Pour la directrice générale de Québec Cinéma Ségolène Roederer, l’important c’est que ces films « pointent un Québec contemporain ou dans l’histoire, et qu’ils puissent donner des codes, une façon de découvrir le Québec. »

Anna Klemantovich, une élève biélorusse de 33 ans, affirme que ces visionnages l’aident dans son apprentissage du français. La difficulté varie d’un film à l’autre, mais l’intérêt ne repose pas que sur la pratique de la langue. Elle explique : « Pour moi ce qui est intéressant, c’est d’en savoir plus sur les questions culturelles et historiques du Québec. » Grâce à ce projet, elle a pu voir quatre films québécois. Elle précise en rigolant que « parfois, elle se retrouve à connaître l’histoire du Québec mieux que les étudiants à l’école ! »

Déclencher des conversations

L’objectif est de stimuler les esprits. Les classes participantes travaillent en amont et en aval de la séance, comme le précise le professeur du groupe de francisation Claudio Caceres Martinez. « Une semaine avant on présente le film et le contexte historique aux étudiants. » Il développe : « Ça déclenche beaucoup de conversations sur le Québec en classe. »

La fin du visionnement est toujours accompagnée d’une séance de questions-réponses avec un artisan du film. Pour Ségolène Roederer, « l’idée c’est de faire parler les gens, qu’ils puissent avoir l’expérience de s’exprimer en dehors d’un cours […], que c’est tellement une belle façon de créer une conversation avec de nouveaux publics ».

Prendre sa place dans la société

Ce jour-là, c’est le réalisateur Mathieu Denis qui a fait le déplacement. Les questions d’immigration et d’intégration sont au centre de ses préoccupations. Il raconte : « Mon film parle de gens qui arrivent et qui veulent prendre leur place dans la société. C’est donc la moindre des choses, quand il y a des groupes de nouveaux arrivants, que je les rencontre ! »

Ce projet qui allie francisation et cinéma jouit d’un fort succès. Pour l’instant, seules des classes du Cégep du Vieux Montréal et de l’UQAM assistent aux projections. Néanmoins, Ségolène Roederer l’assure : « Si on le peut, et qu’on a les moyens de le faire, on augmentera le nombre de projections. »



INFO PRATIQUE POUR LES ORGANISMES

La prochaine série de films sera présentée à l’automne 2019

Pour toute demande de participation

programmation@quebeccinema.ca