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Montréalais d’origine italienne installé à Montréal depuis 1965, Vincent Di Candido est aujourd’hui président du journal communautaire mensuel Échos Montréal ainsi que membre du conseil d’administration de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) à titre de délégué régional.

Sollicité par Vision croisée pour parler de son parcours professionnel, l’homme de médias prévoit lancer un livre consacré à l’immigration. Vincent Di Candido revient sur son parcours, ses engagements et les étapes les plus déterminantes de son évolution personnelle et professionnelle à Montréal.

De l’Italie à la France… jusqu’au Québec

Né en Italie, Vincent Di Candido déménage avec sa famille en France à l’âge de 13 ans. Dans ce deuxième pays, l’adolescent y restera jusqu’à l’âge de 21 ans pour vivre de nouvelles aventures et assouvir son besoin de voyager.

Il entreprend alors sans trop d’attentes, un voyage de sept jours par bateau vers l’Amérique, en direction de Vancouver et des États-Unis. Le destin voulut autre chose pour lui ; à cause d’une grève, il s’arrêta au Québec. Avec 50 $ dans ses poches, il est contraint à travailler dans la « Belle Province » pour subvenir à ses besoins.

Arrivé au mois de juin, durant les vacances, il commence à travailler comme « laveur de vaisselle », ne trouvant pas d’autre opportunité dans son métier de soudeur-assembleur. Après trois mois, le jeune homme trouve du travail dans sa branche puis finalement, rencontre la « femme de sa vie ». Celle qui le mènera à s’installer définitivement au Québec.

En 1985, il décide de rentrer en France pour retrouver sa famille et y travailler. Puis après huit ans, il regagne Montréal et crée en 1993 le journal Échos Montréal en compagnie de son épouse. Il demeure encore à ce jour le seul de sa famille à avoir émigré au Canada.

Le journalisme communautaire pour promouvoir les quartiers

D’une nature très sociale, engagé politiquement, Vincent Di Candido s’est toujours préoccupé des personnes vulnérables. Il cherche à combattre les injustices du monde ouvrier et défend la langue française.

Ce n’est pas tous les jours qu’on décide de créer un nouveau journal ! Le président d’Échos Montréal explique d’emblée sa motivation : « Le Vieux-Montréal était très négligé à l’époque, il y avait beaucoup de locaux vides », se rappelle-t-il.

Propriétaire d’une galerie d’art avec son épouse, il décide alors de créer un journal portant le nom de la rue Saint-Paul, lieu où il avait élu domicile. Le journal aura comme première vocation la promotion des activités commerciales de l’artère. « On n’avait pas comme objectif de créer un journal qui durerait dans le temps, mais juste d’attirer d’autres commerçants. », révèle M. Di Candido.

En parallèle, ce dernier créé une association de commerçants sur la même rue. Après avoir obtenu du succès au sein de cette association, il devient président de l’association des commerçants du Vieux-Montréal.

Aujourd’hui, après 26 ans, le journal Échos Montréal couvre maintenant quatre quartiers : Ville-Marie, le Plateau Mont-Royal (de façon périodique), Westmount et nouvellement le quartier Centre-Sud. Un lectorat cumulant environ 120 000 lecteurs, en plus de la version électronique.

Au fil des ans, il s’entoure d’une équipe fiable dont son fils, qui fait partie de l’équipe depuis presque 20 ans. La publication est financée par les revenus publicitaires et les journalistes payés à la ligne agate, comme la majorité des journaux communautaires.

Convaincu de la pertinence et du rôle important que joue l’information locale, son plus grand désir est que les journaux communautaires travaillent ensemble pour avoir plus de poids.

S’intégrer sans perdre son identité

Son implication politique l’a amené à défendre le français à plusieurs reprises, une expérience loin d’être évidente. Que lui importe ! Dénoncer les injustices diplomatiquement semble être inscrit dans son ADN. Adopter la langue de son milieu d’adoption est primordial pour Vincent Di Candido. « Peu importe le nombre d’années que l’on passe ici, n’importe qui peut s’intégrer et devenir Québécois ! »

Quand vient le temps de nous parler de sa vision du vivre-ensemble, il réplique que, « pour vivre ensemble, il faut accepter l’autre » et rappelle l’importance de ne pas s’isoler.

Selon lui, beaucoup trop d’entreprises et d’employeurs pensent encore seulement en anglais et ne font pas d’effort pour parler français, alors que le Québec est la seule province officiellement francophone.

Les préjugés sont aussi des obstacles bien présents, autant chez les immigrants que dans la communauté d’accueil. S’adapter n’est jamais facile et cela peut causer d’énormes souffrances, mais selon M. Di Candido, « c’est la vie qu’on a choisi… »

« Se connaître, essayer de se comprendre, accepter l’autre tel qu’il est. En étant ensemble, on peut arriver à quelque chose ! »

Un hommage à l’immigration et à ses parents

Il Emigrante – Une vie déracinée est le titre du livre que Vincent Di Candido vient de finaliser. Un ouvrage dans lequel il rend hommage à sa famille et à tous les émigrants qui, pour différentes raisons, quittent leur pays d’origine pour s’installer dans des pays lointains. L’ouvrage n’est pas encore disponible dans les librairies, mais l’auteur projette une sortie dans les mois à venir, et peut-être même en France.

Dans son livre, il souhaite mettre en exergue « le vécu commun » de ceux qui sont contraints de vivre un « déracinement » en choisissant de vivre dans un pays autre que le leur. Di Candido estime que « le dépaysement n’est pas une chose facile pour une personne immigrante contrainte de reprendre sa vie loin de sa terre et de ses racines. » La nostalgie est toujours au rendez-vous pour la grande majorité des immigrants, rajoute-t-il, car « lorsqu’on va dans un autre pays, on laisse tout, ou presque… »