Nous avons demandé à Francis Mireault, qui siège sur le comité de lecture de Vision croisée depuis près d’un an d’écrire l’éditorial du numéro de janvier 2020. À titre de coordonnateur du Comité Promoteur du Logement Social de Saint-Léonard (CPLS), il était tout désigné pour lancer la réflexion sur ce numéro thématique. 

Au coeur même de la visée éditoriale de Vision croisée réside l’objectif d’élargir le spectre de nos perspectives, et de se nourrir de la richesse de la pluralité de nos points de vue. En tant que plateforme destinée aux nouveaux arrivants afin de démontrer l’étendue de leurs talents, la publication favorise l’expression de visions d’ici et d’ailleurs, avec comme résultat une ouverture aux autres, une ouverture sur soi. Car reconnaître et chérir la richesse de cette diversité, c’est se donner la chance de grandir ; se permettre d’être, peu importe notre parcours ou notre destination. Le magazine facilite d’emblée le partage de ces « visions croisées », de nos richesses respectives, stimulant une transformation mutuelle favorable à l’émergence d’une « vision partagée ».

 Le développement d’un vivre-ensemble où l’on tente de dépasser nos propres frontières culturelles afin de créer une vision commune, sans renier ni diluer notre identité individuelle, se forge à même ces principes. Une valse constante, un mince équilibre à trouver, permettant à la fois à nos identités de constamment se renouveler grâce à un dialogue inclusif, tout en donnant à nos collectivités les moyens de se bâtir avec nos aspirations communes comme fondation. C’est également le droit d’avoir accès aux moyens qui nous permettent de nous épanouir et de vivre dignement. 

 

D’un exil engendrant un déracinement – autant matériel que familial – et face au courage de ceux qui ont décidé de tout laisser derrière eux, s’ériger sur une terre d’accueil fertile où les opportunités d’évolution fleurissent est une condition de base pour une inclusion pleine et entière. Nous devons en tant que collectivité briser les barrières qui retardent l’épanouissement de ceux et celles qui ont décidé de choisir le Québec et ce, notamment par la reconnaissances des diplômes et des compétences.

Notre rôle en tant que terre d’accueil est de donner les moyens à cette volonté collective de s’exprimer, de faire réaliser aux citoyens que chacun d’entre eux est un acteur de changement au sein de notre société. C’est se donner des structures collectives et démocratiques, tel que le logement social, où tous peuvent s’exprimer et avoir un contrôle sur leur milieu de vie. C’est se permettre de combler nos besoins primaires de sorte que notre épanouissement puisse être effectif, mis en valeur.

Cette chaleur humaine qui émane d’une communauté où tous s’y sentent chez soi, où tous s’y sentent comblés, est à même de faire fondre les plus hauts « bancs de neige » que vous n’aurez jamais vu ! Cet hiver, économisez sur la facture d’électricité, réchauffez-vous autour de vos histoires de premières neiges ! Après tout, on en a tous une, d’où que l’on vienne…