Diane, une participante de l’organisme Femmes du Monde à Côte-des-Neiges. Crédit photo : Vision croisée

« On prend des autres une certaine force qui nous permet d’avancer! »

Au-delà du folklore, le contact avec la culture de l’autre expose à des emprunts. Voilà ce qui émane d’une série d’entretiens avec des femmes de plusieurs origines, rencontrées chez « Femmes du monde », un organisme de l’arrondissement Côte-des-Neiges.

« Tout un chacun peut prendre de l’autre. En réalité, nous rencontrons des problèmes similaires en tant qu’être humain. Voilà pourquoi je pense qu’il n’y a pas de choc des cultures, il y a des différences certes, mais elles ne sont pas à l’origine des conflits que vit le monde », nous dit Bonilee . Cette vision partagée, mais exprimée différemment par les autres membres du groupe, concourt à la reconnaissance de la différence et à son appréciation. D’ailleurs, selon Lize,  « Il n’y a pas de raisons pour qu’elles soient tenues pour naturelles. » Si certains auteurs ont mis l’accent sur les différences culturelles qui provoquent selon eux le « choc des cultures », dans la réalité les gens vivant dans un contexte interculturel appréhendent autrement l’altérité. « Pour moi, il suffit de s’accommoder au contexte social dans toute sa diversité », pense Diane. Car en réalité, l’expression « choc des cultures » a été tellement galvaudée qu’elle est employée pour justifier des situations trop variées. Sa forte résonnance dans les médias à l’échelle internationale tend à créer un sentiment d’insécurité chez les gens, alors que pour nos interlocutrices, la majorité silencieuse recherche la paix. Pour Imane , « On doit se respecter mutuellement et accepter la culture de l’autre pour mieux vivre ensemble ».

Mais au-delà de l’idée, Najat nous expose des aspects concrets de cette manière de vivre plurielle. Pour elle, il s’agit de s’enrichir lors du contact avec les cultures différentes : « Personnellement, je pense qu’on doit apprendre des autres comment être plus solidaire envers notre entourage, les expériences qu’on croise sont vraiment magnifiques! » Cet avis est largement partagé par Manina  pour qui, « vivre dans un milieu qui favorise la pluriculturalité est à la fois une chance et une richesse. « C’est comme ça que je vis mon expérience ici. Quand on est tous pareils, je veux dire de la même culture, il n’y a pas d’apports ».  Hibo  démontre une approche active de l’expérience de l’altérité : « On doit rencontrer et côtoyer l’autre, qui est différent culturellement, pour que l’on puisse comprendre qui nous sommes réellement. » Alors que, selon l’opinion d’Aleksandra , « On prend des autres une certaine force qui nous permet d’avancer. »

Toutes ces opinions qui convergent vers le respect de la différence, l’apprentissage de l’autre, attestent que toute culture – personnelle, familiale et sociétale – se complète au contact de la diversité.

Femmes rencontrées par notre journaliste à l’organisme Femmes du Monde dans l’arrondissement Côte-des-Neiges. De gauche à droite : Nabila, Hibo, Diane, Lize, Najet, Bonile, Imane et Alexandra